AIRE GEOGRAPHIQUE DE L'AOC SAUMUR
DELIMITATION PARCELLAIRE APPELATIONS D'ORIGINE CONTROLEE SAUMUR, SAUMUR MOUSSEUX, ANJOU

Rapport de mise à l'enquête présenté au Comité National de l'INAO par messieurs :

GELARD Jean-Pierre, Professeur de géologie à l'Université du Maine, Président de la commission d'experts.

HUBERT Paul, Ingénieur en chef  d'agronomie, Professeur au Lycée Tours Fondettes de Luynes, Responsable du centre viti-vinicole de Chinon.
LOUAIL Jacques, Professeur de géologie à l'université d'Angers, UER des sciences de l'environnement
MORLAT René, Chargé de recherches à l'INRA, Unité de recherche sur la vigne et le vin
ROSSIGNOL Jean-Pierre, Docteur ingénieur agrononme, Département des sciences du sol, ENITHP Angers
VAGNEUR Jean-Louis, Ingénieur en agriculture, Directeur technique du SEARA, Adjoint au directeur général Groupe supérieur d'agriculture d'Angers

VALENTIN René, Ingénieur agronome INA Paris, Inspecteur société commerciale des potasses d'Alsace (retraité) 

Angers, le 27 mars 1990
 

Source Gallica.bnf.fr /Bibliothèque Nationale de France

Introduction : Mission des experts
L'aire géographique Saumur est composée de 27 communes dans le département du Maine et Loire, 9 dans celui de la Vienne et 1 dans celui des Deux-Sèvres. En application des décrets Anjou, Saumur mousseux, Saumur, qui définissent les Appellations d'Origines Controlées sur cette aire, une délimitation parcellaire doit être réalisée.
Une première commission d'experts, nommée par le Comité National après 1944, composée de MM Portal, Marsais, Le Bot, Simon, est chargée de réaliser les travaux de délimitation. Le Comité National de l'INAO, lors de sa séance du 7 novembre 1962, décide la mise à l'enquête pour 18 communes de l'aire géographique Saumur ; mais il n'y eut jamais de rapport d'expertise et les plans envoyés au service régional ne furent jamais déposés sans que l'on en connaisse les raisons. La délimitation du Saumurois fut interrompue jusqu'à ce jour.
A partir du 4 novembre 1981, le Comité National de l'INAO a nommé une commission d'experts chargée de réviser ou réaliser les délimitations de l'Anjou et du Saumurois. Elle était composée de MM Gelard, Hubert, Louail, Morlat, Raynaud (décédé depuis), Remoue (décédé depuis), Rossignol, Vagneur, Valentin, ci-après signataires.

La Commission eut donc pour mission la création de la délimitation dans l'aire géographique Saumur :
    - de l'AOC Anjou
    - de l'AOC Saumur Mousseux
    - de l'AOC Saumur
A l'intérieur de l'aire géographique de l'AOC Saumur, 9 communes ont droit en plus à la dénomination Saumur Champigny selon les mêmes critères de production. L'aire de l'AOC Cabernet de Saumur coïncide avec celle de l'AOC Saumur. L'AOC Coteaux de Saumur est un vin blanc récolté à surmaturité par tries successives sur 13 communes de l'aire géographique Saumur et sur une aire délimitée plus restrictive ; sa délimitation fera l'objet d'un rapport différent, présenté ultérieurement au Comité National.
Par ailleurs, le Comité National dans sa séance du 22 février 1990, a décidé d'attendre l'achévement des travaux de délimitation sur l'aire géographique Saumur avant d'entreprendre l'étude de l'extension de cette aire, demandée par 9 communes limitrophes. Il a également décidé d'intégrer la commune des Trois moutiers à l'AOC Anjou, des obstacles juridiques s'y opposant alors en 1973 lors de l'intégration de cette commune à l'AOC Saumur. Dans le présent rapport les experts proposent donc une délimitation en AOC Anjou sur cette dernière commune mais son inclusion dans l'AOC Anjou ne sera effective qu'après publication du décret en Conseil d'Etat modifiant l'aire de cette AOC conformément à la loi du 16 novembre 1984.

1- DONNEES HISTORIQUES
§1-
Le vignoble Saumurois

L'histoire du vignoble Saumurois est liée jusqu'au milieu du Moyen-Age à celle, du vignoble Angevin appartenant aux comtes d'Anjou ; nous retrouvons là l'appartenance de la région de Saumur à la tribu gauloise andégave, implantée en Anjou jusqu'à Candes St Martin, véritable ville frontière gallo-romaine entre la zone d'influence des tribus andégaves et turones. Se rapprochant géoligiquement de la Touraine Occidentale, le Saumurois se rattache à l'Anjou par ses caractères historiques et humains.
En l'an 515, dans un protocole notarial appelé "les formules angevines" existent les premières traces écrites de l'existence de ce vignoble qui se développe au XIème siècle sous l'influence conjugée de la prospérité des cités septentrionales et de l'implatation des monastères. Ainsi, les moines de Saint Florent, après la permission de Geoffroy-le-Barbu en 1066, alors Comte d'Anjou, entreprirent de défricher le Bois Doré qui s'étendait sur tout le coteau, depuis Saumur jusqu'à Montsoreau, et qui occupait tout le territoire des communes de Dampierre, Souzay, Turquant, ainsi qu'une partie de Varrains. D'autres ordres religieux s'implantèrent autour de Saumur : Templiers à Aunis, Cordeliers à Champigny.
Dès lors, le vignoble saumurois se différencia peu à peu du vignoble entourant Angers. Ce dernier mieux placé pour les relations avec les pays étrangers, devint, avec St Pourçain et Orléans, un des marchés les plus prospères et renommés des bords de la Loire. Mais en 1138, trois ans seulement après les bourgeois d'Angers, les saumurois obtinrent, auprès du Comte d'Anjou Geoffroy le Bel, la remise du droit de banvin (privilège du Seigneur d'être le seul à vendre du vin pendant une certaine période de l'année). La renommée grandissante du vignoble de Saumur lui permit de présenter ses vins en 1241 aux convives réunis autour du Roi St Louis, sous la halle de Saumur, pour fêter l'entrée en Chevalerie d'Alphonse de Poitiers, frère du Roi et futur Roi de Sicile.
Par la suite, il ne cessa de prospérer sous la bienveillante protection des Comtes d'Anjou qui surent soustraire leur province aux ruines des guerres de cent ans.
La forteresse de Monsoreau contrôlait rigoureusement le commerce des vins sur la Loire à l'entrée de l'Anjou, et sous le règne du Roi René, le commerce des vins depuis Angers et Saumur atteignit son apogée jamais égalée depuis. Le livre de comptes de ce souverain permet d'établir que vers 1460-1470 la production des vins en Anjou et Saumur dépassait 300 000 pipes (soit 900 000 hl).

La prospérité du vignoble Saumurois est aussi liée au développement de Saumur, en tant que capitale protestante au XVlème et XVlIème siècle. En 1599, Duplessis-Mornay y fonde l'Académie de Théologie protestante la plus importante de France. La révocation de l'Edit de Nantes en 1685 entraîne le déclin de la ville et sa population passe de 21 000 habitants à 9 000 habitants cent ans plus tard. La chute des relations commerciales avec la Hollande, sous le règne de Louis XlV, aggrave la fragilité des marchés et en 1687 bon nombre de viticulteurs saumurois se déclarent ruinés (Dion, 1959).
L'arrivée du commerce Hollandais au XVIlème siècle allait modifier selon Dion (1959) les grandes renommées viticoles dans la vallée de la Loire qui s'attachèrent désormais à des villes secondaires comme Saumur et Vouvray, ou à des zones non reconnues en tant que région de dénomination jusqu'alors : la vallée du Layon en Anjou, les communes de Vertou et de Vallet dans le Pays Nantais. Ce négoce s'établit en des lieux portuaires : Chalonnes-sur-Loire, Les Ponts de Cé, Saumur..., qui dès lors connurent une activité privilégiée ; ce nouveau marché développait des usages contraires aux conceptions traditionnelles locales et fit prospérer à nouveau le vignoble de Saumur pour des vins de qualité destinés aux pays nordiques. Ces "vins pour la mer", du fait d'une taxe importante à la douane d'Ingrandes-sur-Loire, limite occidentale de l'ancien Duché de Bretagne, étaient chers ; ils ne supportaient la concurrence de vins ordinaires que si leur qualité était assez haute pour justifier leur prix. Ainsi, jusqu'à la fin de l'ancien régime, la douane d'Ingrandes-sur-Loire a induit en amont un vignoble de qualité planté du cépage d'élite : le Pineau de la Loire ou Chenin.
Les vins de Saumur reprennent ainsi peu à peu leur place ; le Docteur Maisonneuve (1925) rappelle qu'à la fin du XVIIIème siècle huit mille pièces de vins de Saumur de première qualité étaient exportées par mer et trente mille pièces de deuxième qualité partaient pour les régions d'Orléans et de Paris ; il s'agissait uniquement de vins blancs. Jullien (1832), cite différentes communes du Saumurois à la tête des vins d'Anjou : Parnay, Dampierre, Souzay et Turquant ; et en deuxième position : Varrains, Chacé, St Cyr en Bourg, Brézé, Courchamps.

§2- L'encépagement
Le vignoble, produisant traditionnellement des vins blancs, possédait probablement un encépagement dominé par le Chenin ; cependant les cépages rouges étaient présents.
En effet, la représentation du château de Saumur et de ses vendanges au XVème siècle (miniature de Pol de Limbourg, extrait des très riches heures du Duc de Berry) montre des raisins rouges ; il s'agit probablement du Pineau d'Aunis, appelé Chenin Noir en 1848 par l'ampélographe, le comte d'ODART ; il serait la sélection d'une vigne sauvage à raisins noirs et porte le nom du prieuré d'Aunis situé sur la commune de Saumur. Il est admis, d'après Levadoux, que le Chenin Noir donna par sélection la variété blanche, le Chenin Blanc ou Pineau de la Loire.
Le cépage Cabernet franc est implanté très tôt dans la région.
Il est appelé Breton car importé dans la région par les ports de Bretagne dès l'époque des Plantagenêts*, lors de l'union politique de l'Anjou et de l'Aquitaine. Il est le cépage de l'Abbaye de Bourgueil, fondée en 990 et qui dépendait du diocèse de Saumur ; sa présence dans le Saumurois à cette époque semble donc possible. Le clos des Cordeliers, sur la commune de Souzay Champigny, est d'ailleurs traditionnellement planté en Breton selon Guillory Aine (1861).
Les vins rouges, apparus au XVIIIème siècle et dont la consommation augmente rapidement au XIXème siècle, acquièrent très vite une notoriété dans le Saumurois. Le Comte d'ODART décrit en 1848 le cépage Breton "comme celui qui donne au vin de Bordeaux son caractère propre ainsi qu'aux vins des arrondissements de Chinon et de Saumur connus sous les noms de vins de Bourgueil et de Champigny". En 1953, P. BREJOUX, lnspecteur Général de l'INAO, décrit les vins rouges de Saumur comme les plus renommés de l'Anjou ; il cite le village de Champigny, ainsi que les communes de Souzay, Saumur, Varrains, Dampierre, Chacé, Parnay, St Cyr en Bourg.
Cette progression des vins rouges s'est accélérée ces dernières années avec notamment la notoriété au sein de l'appelation Saumur de la dénomination Champigny ainsi que le montre l'évolution des volumes produits et surfaces déclarées (cf graphiques 1 à 3).
Au début du XlXème siècle naquirent à Saumur les vins mousseux. On avait déjà remarqué dans le passé que le vin blanc, mis en bouteille dès le mois de février ou de mars et après une seconde fermentation liée au retour de la chaleur, pétillait et donnait une finesse aromatique fort agréable. Ce fait est déjà signalé au XVème siècle, à l'occasion du mariage de Louis XII avec la Duchesse Anne de Bretagne. Au début du XIXème siècle l'idée vint d'appliquer aux vins des Coteaux de Saumur la méthode champenoise, d'autant plus que les immenses caves creusées dans le tuffeau permettaient de loger plusieurs récoltes à une température constante et assez basse, favorable à la deuxième fermentation.
La reconstruction du vignoble après la crise phylloxérique et l'utilisation de porte-greffes vigoureux (les porte-greffes de faible vigueur étant sensibles à la chlorose) modifièrent selon Brejoux (1956) les usages de production du Chenin ; donnant traditionnellement des vins demi-secs et dans une faible proportion des vins de base comme à Vouvray, le Chenin devint un cépage à maturité plus tardive, non compatible avec la production régulière de vins liquoreux ou semi-liquoreux ; son utilisation comme cépage de base de vins mousseux est donc assez récente.
A la fin du XIXème siècle, la production de vin mousseux dépasse les quatre millions de bouteilles et atteint avant la guerre de 1914-1918 sept millions et demi de bouteilles.

II - MISE EN PLACE DE L'AIRE GEOGRAPHIQUE SAUMUR
En 1911, les viticulteurs des coteaux environnant Saumur se groupent en association Syndicat des Vignerons des Coteaux de Saumur de façon à défendre et à promouvoir une notoriété bien ancrée dans le passé. Les vins présentés aux différentes manifestations (foires expositions, concours général agricole...) le sont avec l'étiquette Coteaux de Saumur bien avant la loi du 6 Mai 1919 (Article 2) définissant les appellations d'origine.
Ce syndicat intervient auprès du tribunal d'Angers en raison d'un litige avec les viticulteurs de Nueil-sur-Layon qui avaient revendiqué en 1920 l'appellation Anjou-Saumur. Le problème de l'aire géographique était clairement posé :  les vins produits sur les sols schisteux du massif armoricain, comme à Nueil-sur-Layon, pouvaient-ils représenter la région de Saumur et ses terres crayeuses ? Le tribunal de Saumur, le 28 Juillet 1921, s'appuyant principalement sur l'avis donné par l'archiviste départemental de Maine-et-Loire, débouta le syndicat et définit plus largement le Saumurois par ses limites administratives incluant les sols sur schistes des cantons de Doué-la-Fontaine et Vihiers.
"Qu'entend-on par région Saumuroise ou plus simplement par Saumurois ?"
"Attendu que les renseignements fournis au tribunal par monsieur l'archiviste départemental de Maine-et-Loire, à Angers, il résulte qu'on doit entendre actuellement par saumurois l'arrondissement de Saumur...".
Lors de la reconnaissance des AOC en 1935, l'INAO n'a pas reconnu tout de suite le point de vue du Syndicat des Coteaux de Saumur. En effet, les décrets des 14 Novembre 1936 (vins blancs), du 9 Septembre 1937 (vins rouges et rosés), du 14 Mai 1936 (vins mousseux) définissaient les AOC Anjou, Anjou-Saumur et Saumur. Les appellations Anjou-Saumur et Saumur étaient synonymes ; les conditions de production étaient les mêmes que celles de l'appellation Anjou mais l'aire de production était différente et comprenait l'ancien arrondissement de Saumur, respectant à ce niveau la décision du Tribunal d'Angers du 28 Juillet 1921. Les vins déclarés "Anjou-Saumur" pouvaient être vendus par les producteurs et le commerce soit comme "Anjou", soit comme Saumur.
La question des appellations sous-régionales se posa clairement lors de l'intégration de la récolte 1941, car il fut décidé que les vins des appellations sous-régionales ne seraient pas intégrés, c'est-à-dire réquisitionnés . Une commission fut ainsi nommée et définit, après une visite rapide du vignoble, les aires géographiques des appellations sous-régionales en fonction de la quantité produite en vin d'Anjou et de la situation géographique des communes. Ont été ainsi retenues les communes situées sur des coteaux bordant les rivières, les communes se rattachant à tel ou tel groupe de coteaux d'après leur situation géographique ou d'après le caractère particulier des vins qu'elles produisent (extrait du rapport de MM. Vinet et Simon). Les différentes appellations sous-régionales étaient les suivantes :
- Coteaux du layon : 28 communes
- Coteaux de la Loire : 10 communes
- Coteaux du Thouet et de l'Argentan : 8 communes
- Coteaux du Loir et de la Sarthe : 7 communes
- Coteaux de l'Aubance : 11 communes
- Coteaux de Saumur : 47 communes dont 8 pour les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne.
Cette liste fut approuvée par le Comité National du 4 Décembre 1942 et cette décision notifiée à Monsieur le Directeur de la Répression des Fraudes en spécifiant que la présente liste ne préjuge pas du fait que certaines communes seront peut-être éliminées du droit à l'appellation qu'elles réclament l'on de la sentence définitive du Comité National".
Cependant le 30 Novembre 1943, les maires, syndics, délégués viticoles des communes des coteaux proches de Saumur, non satisfaits de cette solution qui ne reconnaissait pas la spécificité de leur région de production, réitèrent leur demande auprès du Comité National et revendiquent l'AOC Coteaux de Saumur 1ère Côte. "Les représentants qualifiés des vignerons exploitant les vignes situées sur les coteaux des environs immédiats de Saumur estiment que leurs vins ont un caractère tout particulier qui les différencie nettement des vins récoltés sur l'arrondissement de Saumur, et par suite doivent être présentés sous une étiquette qui leur soit propre, permettant aux consommateurs de les identifier sans confusion possible".
Après 1944, la Commission d'enquéte nommée par le Comité National, composée de MM. Portal, Marsais, Le Bot, Simon, reprend la mission fixée par le Président de l'Institut National, qui est de préciser les usages locaux, loyaux et constants pour chaque commune de l'appellation revendiquée. Après une longue enquête sur les usages, la Comrnission proposa certaines modifications qui furent approuvées par le Comité National de l'INAO, lors de sa séance du 31 Janvier 1956. L'INAO, arbitrant le conflit entre le Syndicat des Côtes de Saumur et le Comité des Vins de Saumur reconnu deux appellations d'origine différentes : les Saumur Mousseux, provenant traditionnellement de l'assemblage de cuvées récoltées sur des terroirs différents (y compris les terrains schisteux) et les Saumur tranquilles, récoltés sur les coteaux crayeux.
Le décret du 31 Décembre 1957 qui définit actuellement les appellations Anjou et Saumur, résulte de ces décisions.
1) Suppression de l'appellation Anjou-Saumur remplacée par l'appellation Saumur, l'appellation Anjou étant une appellation plus générale que celle de Saumur.
2) Suppression de l'appellation Saumur pour les vins rosés (sauf pour l'appellation Saumur-Rosé de Cabernet devenue Cabernet de Saumur), ces vins ayant droit à l'appellation Anjou.
3) Définition de l'aire géographique de l'AOC Saumur comprenant les communes suivantes :
Département de Maine et Loire : Antoigné, Artannes-sur-Thouet, Bagneux, Brézé, Brossay, Chacé, Cizay-la-Madeleine, Le Coudray-Macouard, Courchamps, Dampierre, Distré, Epieds, Fontevrault, Méron, Montreuil-Bellay, Montsoreau, Parnay, Le Puy-notre-Dame, St Cyr-en-Bourg, St Hilaire-St-Florent, St Just-sur-Dive, Saumur, Souzay, Turquant, Les Ulmes, Varrains, Le Vaudelnay et les Verchers-sur-Layon (partie). Le nom de Champigny peut être adjoint à celui de Saumur pour les vins rouges provenant des communes de Souzay Champigny, Chacé, Dampierre, Montsoreau, Parnay, St Cyr en Bourg, Saumur, Turquant et Varrains.
Département des Deux-Sèvre
: Tourtenay.
Département de la Vienne : Berrie, Curçay, Glenouze, Pouancay, Ranton, St Léger-de-Montbrillais, Saix, Ternay ; une partie de la commune des Trois Moutiers sera intégrée dans l'aire géographique Saumur par le Comité National de l'INAO, lors de sa séance du 6-7 Novembre 1973.
4) Définition de l'aire géographique de l'AOC Saumur Mousseux comprenant l'ancien arrondissement de Saumur et toutes les communes de la Vienne et des Deux-Sèvres ayant droit à l'appellation Anjou.

Ces propositions s'appuyaient sur :
1) Le jugement du tribunal de Saumur du 28 Juillet 1921,
2) La délimitation géographique résultant des décrets de 1936 et 1937 définissant Anjou-Saumur et Saumur,
3) La situation géo-pédologique ainsi que l'originalité et la notoriété des vins des communes revendiquant une appellation concernée. L'extrait suivant du rapport de la Commission sur l'appellation Saumur est significatif :
"La région de Saumur diffère beaucoup des autres régions de l'Anjou. Elle se rapproche beaucoup plus de la Touraine que des zones du Layon, de Savennières ou de l'Aubance. Les sols appartiennent presque tous au Crétacé. Il s'agit de terres franches reposant sur un sous-sol crayeux. Ce sont les sols-types, produisant des vins blancs de qualité, mais aussi des vins rouges et rosés de Cabernet que l'on obtient encore dans les alluvions anciennes du Thouet, le calcaire lacustre du Sénonien, etc.. Sur la craie le sol est en partie décalcifié, sablo-argileux, contenant des cailloux, de faible dimension, siliceux et calcaires. Le tuffeau sous-jacent se situe, comme dans la région de Vouvray, à une profondeur variant de 50cm à 1m en général".
L'idée dominante est de caractériser une région par des terroirs types, notamment la craie pour le Saumurois, de façon à éliminer toutes les communes ne répondant pas à ces critères.

III - ETUDE GENERALE DE L'AIRE GEOGRAPHIQUE DU SAUMUROIS.
Le vignoble du Saumurois occupe principalement les terrains sédimentaires crétacés (Cénomanien et Turonien) de la bordure Sud-Ouest du bassin parisien. Cette région caractérisée par les terres blanches, provenant de la craie tuffeau, représente l'Anjou Blanc par opposition à l'Anjou Noir et à ses terres sombres développées sur le vieux socle armoricain.
Le Saumurois viticole est limité au Nord par la Loire et est traversé en direction Sud-Nord par la vallée du Thouet et de son affluent la Dive. Ces rivières entaillent une succession de reliefs liées à la structure géologique de la région, ce qui permet de distinguer quatre unités distinctes en relation avec la topographie :
- Au nord se trouve la cuesta turonienne qui donne un relief bien marqué et qui définit l'aire géographique des Coteaux de Saumur ; c'est aussi la zone de la dénomination Saumur Champigny. Cette partie du Saumurois, traditionnellement viticole, possède des lieux-dits, voire des clos parmi les plus réputés de la région et dont la notoriété est ancrée dans le passé ; ce sont par exemple le Clos des Cordeliers, le Clos des Hospices, sur la commune de Souzay-Champigny, le Clos Cristal, sur la commune de Parnay, les lieux-dits Les Rôtissants, commune de Montsoreau, Les Poyeux, commune de Chacé, Clos Marconnet, Les Menais, commune de Varrains, Les Fosses de Chaintre et plus généralement les secteurs entourant le village Chaintre.
Cette cuesta se raccorde à un plateau viticole et forestier, selon le substrat, limité dans sa partie nord par la falaise crétacée que borde la Loire selon la direction sud-armoricaine Nord-Ouest, Sud-Est.
A la base, vers le Sud, les formations du Turonien inférieur dessinent de vastes replats et présentent des terres céréalières crayeuses et argileuses, appelées terres d'aubues ; c'est par exemple le plateau sans tradition viticole de Cizay la Madeleine, Courchamps, Le Coudray Macouard, Distré, Les Ulmes, Artannes sur Thouet.
- Le Saumurois, dans sa partie Sud-Ouest, se caractérise par un système de failles, de direction sud-armoricaine en continuité avec le réseau de failles de la région du Layon.
Cette tectonique est à l'origine de la surélévation des formations jurassiques et donnant le plateau d'argiles à silex de Brossay, Vaudelnay, Montreuil-Bellay occupé principalement par la vigne et les bois.
Ce plateau, s'inclinant légèrement vers le Nord-Est est recouvert dans sa partie septentrionale par les formations argileuses cénomaniennes, voire par des sables et graviers quaternaires, qui déterminent une zone basse humide limitée au Nord par les premiers reliefs de la cuesta turonienne. Cette région, englobant les communes ou parties de communes de Cizay-la-Madeleine, Courchamps, Le Coudray-Macouard, Montreuil-Bellay, Méron, St Just-sur-Dive est surtout occupée par la foret et les prairies naturelles, quelquefois par les céréales. La viticulture n'est pas absente de cette zone mais est limitée par quelques secteurs comme, par exemple, les buttes cénomaniennes de Courchamps, de Cizay-La-Madeleine, du Coudray-Macouard, ou encore celle de Bron sur laquelle restent des lambeaux de terrasses quaternaires et les basses terrasses de St Just-sur-Dive.
- Au sud-Ouest de la faille majeure, le Crétacé, largement érodé et déblayé par l'érosion, présente des buttes témoins qui portent les vignobles du Puy-notre-Dame. Vaudelnay et ceux moins importants d'Argentay (commune des Verchers-sur-Layon) et de Tourtenay. Les parties basses développées sur Turonien inférieur ou sur Cénomanien, sont essentiellement des régions céréalières à l'image de la commune d'Antoigné qui ne possède plus de vignes et du lieu-dit La Petite Champagne sur Vaudelnay. Cependant sur de légères ondulations où affleure le Turonien inférieur, se manifeste une tradition viticole par la présence de clos, en partie plantés en vignes aujourd'hui et de vieux domaines viticoles (Clos de Messemé, Château d'Oiré).
- La partie Sud-Est du Saumurois, située dans le département de la Vienne, avec ses coteaux turoniens le long de la Dive, compte 8 communes. Cette partie est essentiellement céréalière notamment les communes de Curcay-sur-Dive, Ramon. Glenouze où ne subsistent que quelques vignes. Cependant, les coteaux de Pouançay, Berne, St Leger-de-Monbrillais et ceux, dans une moindre mesure, des Trois-Moutiers et de Ternay qui prolongent les zones viticoles des communes voisines, montrent l'existence de beaux vignobles à l'image de ce que l'on peut rencontrer dans le reste du Saumurois.

* Plusieurs versions :
Patrick Colcomb aquarelles & carnets de voyageFrançois Rabelais en fit l’éloge en ces termes : Ce bon vin Breton qui point ne croist en Bretagne, mais en bon Pays de Véron. Son ancêtre le Vitis Biturica, a sans doute été apporté par les légionnaires Romains, à noter l’éloge de ce cépage par Pline et Columelle : La Vigne Biturica, plant de qualité supportant le froid, la tempête et la pluie donnant un vin qui se garde longtemps et se bonifie au bout de quelques années.
En Touraine on nomme ce plant Breton et l’origine de ce nom se trouve dans trois explications, toutes les trois aussi possibles. A vous de choisir celle qui vous convient.
1- La première veut que ce plant, ayant transité de Bordeaux à Nantes ait remonté la Loire avec les mariniers Bretons de Nantes. Les Mariniers donnèrent leur nom au cépage et furent les transporteurs privilégiés des Vins de Loire et de Chinon.
2- La deuxième est la suivante : au 16e siècle le Seigneur Le Breton (seigneur de Villandry, Ambassadeur à Rome, Secrétaire du Roi François 1er, Régisseur des travaux de construction de Chambord, etc.) aurait fait planter de nombreuses vignes entre rivière de Vienne et fleuve de Loire dans la région du Véron et sur la Roche-Clermault et aurait ainsi donner son nom au Cépage.

3- La troisième variante est qu'au 17e siècle, le cardinal de Richelieu confie à l’Abbé Breton, régisseur de ses terres, officiant à Fontevraud, la mission de replanter la région en Cabernet. Celui-ci acquiert en Guyenne plusieurs milliers de plants de Cabernet Franc qui seront replantés autour de l’Abbaye Saint Nicolas de Bourgueil.
 

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